Critères ISCA : la conformité d'un logiciel de caisse expliquée en 2 minutes
I comme Inaltérabilité, S comme Sécurisation, C comme Conservation, A comme Archivage. Quatre lettres qui décident de la validité de votre logiciel de caisse en France.
Ce que dit la loi (en une ligne)
Depuis l'article 88 de la loi de finances 2016, tout commerçant français assujetti à la TVA doit utiliser un logiciel de caisse qui respecte les quatre critères ISCA. C'est la base, confirmée par la loi anti-fraude TVA de 2018 et toujours en vigueur en 2026 (LF 2026 art. 125).
I — Inaltérabilité
Une vente enregistrée ne peut plus être modifiée, ni supprimée, ni réécrite. Point.
Concrètement, le logiciel doit interdire toute altération des journaux de caisse après clôture du ticket. Si une correction est nécessaire (erreur de saisie, retour produit), elle passe par un ticket d'annulation ou un avoir traçable, avec horodatage, utilisateur identifié, motif.
Ce qu'un inspecteur DGFiP regarde : les journaux de vente. Il cherche des trous de numérotation, des dates incohérentes, des modifications en base sans trace. Un logiciel inaltérable a une séquence continue, figée, probante.
S — Sécurisation
Chaque action dans le logiciel doit être tracée, avec l'utilisateur identifié et l'horodatage. Pas de compte « administrateur » partagé entre plusieurs vendeurs. Pas d'intervention silencieuse dans la base SQL. Pas de modification de prix sans log.
Ce qu'un inspecteur regarde : les logs d'accès, les droits utilisateurs, le traçage des opérations sensibles (modification prix, remise, annulation, accès à la base).
C — Conservation
Les données de caisse doivent être conservées pendant toute la durée légale : 6 ans minimum (code de commerce), souvent 10 ans pour la documentation comptable (code général des impôts pour contrôle fiscal). Les tickets, les clôtures, les exports doivent rester lisibles et exploitables pendant toute cette période.
Ce qu'un inspecteur regarde : peut-il retrouver une vente précise qui date de 3 ans ? de 5 ans ? Si oui, comment ? Un logiciel conforme donne accès à cet historique en quelques clics.
A — Archivage
Le logiciel doit produire des clôtures périodiques (journalier, mensuel, annuel) avec un export probant utilisable en contrôle fiscal. Le format attendu est le FEC (Fichier des Écritures Comptables) standard français. Les clôtures sont datées, horodatées, signées numériquement.
Ce qu'un inspecteur regarde : demande typique lors d'un contrôle — « Sortez-moi le FEC de janvier 2024 ». Un logiciel conforme le génère en 30 secondes, avec tous les tickets de la période, les moyens de paiement, les TVA, les encaissements.
En pratique : comment vérifier ?
Quatre gestes que vous pouvez faire aujourd'hui :
- Essayez de modifier un ticket clôturé depuis le logiciel. Si vous y arrivez, le logiciel n'est pas inaltérable.
- Tentez une opération sensible sans vous connecter. Si ça passe, le logiciel n'est pas sécurisé.
- Demandez un FEC sur une période arbitraire (par exemple le mois dernier). Si votre éditeur met 3 jours à vous le sortir manuellement, l'archivage n'est pas industrialisé.
- Demandez l'attestation (ou certificat) ISCA de la version que vous utilisez. Elle existe, elle est rédigée, elle est signée par l'éditeur.
ISCA respecté = conformité acquise
Si les quatre critères sont satisfaits, le mode de preuve administrative (attestation individuelle éditeur ou certification AFNOR/LNE) est secondaire. La LF 2026 art. 125 autorise les deux.
Pour aller plus loin : LF 2026 art. 125 — auto-attestation éditeur expliquée, page Conformité légale complète.
Questions fréquentes
ISCA s'applique-t-il aux auto-entrepreneurs ?+
Uniquement si vous êtes assujetti à la TVA. En franchise de TVA (sous seuil), vous n'êtes pas obligé d'utiliser un logiciel ISCA. Dès franchissement du seuil, l'obligation s'applique.
Un tableur Excel respecte-t-il ISCA ?+
Non. Excel ne garantit aucun des 4 critères : une cellule peut être modifiée à tout moment (inaltérabilité KO), pas de log d'accès (sécurisation KO), pas de clôture automatique (archivage KO). Un tableur n'est pas un logiciel de caisse au sens de l'article 88.
Combien de temps dois-je conserver mes données de caisse ?+
6 ans minimum pour le code de commerce. En pratique, 10 ans est recommandé pour couvrir la durée maximum d'un contrôle fiscal. Un logiciel conforme archive automatiquement.