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Article 125 de la loi de finances 2026 : l'auto-attestation éditeur est rétablie

Depuis le 19 février 2026, les éditeurs de logiciels de caisse peuvent à nouveau publier une attestation individuelle — alternative à la certification par organisme tiers (AFNOR/LNE). Ce qu'il faut comprendre en 6 minutes.

Le contexte : un aller-retour législatif en un an

La loi de finances 2025 (14 février 2025, art. 43) avait supprimé l'auto-attestation éditeur au profit d'une certification obligatoire par organisme tiers (AFNOR ou LNE), effective au 1er septembre 2026. L'idée : durcir la lutte contre la fraude TVA en imposant un contrôle externe sur les logiciels de caisse.

Un an plus tard, la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026), à travers son article 125, fait marche arrière : l'auto-attestation par l'éditeur est à nouveau valable, en alternative à la certification tiers. Les deux modes cohabitent désormais. Source officielle : BOFIP ACTU-2026-00073.

Ce qui change concrètement

Pour un éditeur de logiciel de caisse

L'éditeur peut choisir :

  • Voie A — Certification organisme tiers. Dépôt d'un dossier auprès d'AFNOR Certification ou LNE, audit technique et documentaire, obtention d'un numéro de certificat (ex. NF525 n° 525/xxxx). Coût : plusieurs milliers d'euros par produit, délai de plusieurs mois.
  • Voie B — Attestation individuelle. L'éditeur publie une attestation écrite, conforme au modèle administratif, engageant sa responsabilité sur la satisfaction des critères ISCA (inaltérabilité, sécurisation, conservation, archivage). Document tenu à disposition en cas de contrôle DGFiP.

Les deux voies ont la même valeur juridique depuis la LF 2026 art. 125. Ni l'une ni l'autre n'est « supérieure » en droit.

Pour un commerçant assujetti à la TVA

Vous devez simplement utiliser un logiciel qui respecte les critères ISCA et présenter, en cas de contrôle fiscal, l'une OU l'autre des pièces :

  • Numéro de certification (si votre éditeur est passé par AFNOR/LNE), OU
  • Attestation individuelle éditeur (si votre éditeur a choisi cette voie).

Votre éditeur doit vous la fournir sur simple demande.

Attestation vs certification : laquelle peser ?

Ne tombez pas dans le piège du débat « attestation = moins sérieux ». Les deux voies engagent la même obligation de conformité aux critères ISCA. La différence est procédurale :

  • L'attestation repose sur la bonne foi et la responsabilité de l'éditeur. Un éditeur qui atteste à tort s'expose à des sanctions pénales (faux en écriture) et civiles (responsabilité contractuelle envers ses clients). C'est une engagement fort.
  • La certification tiers ajoute un audit externe qui vérifie cette conformité. C'est une preuve plus lourde, mais elle ne change pas la nature du respect ISCA.

Lors d'un contrôle DGFiP, l'inspecteur regardera d'abord les critères ISCA dans votre logiciel (journaux inaltérables, clôtures périodiques, archivage probant). La preuve administrative (attestation ou certificat) est secondaire à la preuve technique.

Les critères ISCA restent au cœur

ISCA = quatre obligations qui n'ont pas bougé avec la LF 2026 :

  1. Inaltérabilité : une vente enregistrée ne peut plus être modifiée après coup. Seul un ticket d'annulation (tracé) peut l'annuler.
  2. Sécurisation : traçabilité des accès, des opérations, des utilisateurs. Pas de compte partagé, pas d'intervention silencieuse en base.
  3. Conservation : données de caisse conservées pendant toute la durée légale (6 ans minimum, souvent 10).
  4. Archivage : clôtures périodiques (journalier, mensuel, annuel) avec bandes de contrôle, exports probants pour contrôle fiscal.

Un logiciel qui respecte ISCA est conforme, quel que soit le mode de preuve choisi par son éditeur.

Sanctions : attention, rien n'est allégé

L'article 125 LF 2026 n'assouplit PAS les sanctions. Un commerçant qui utilise un logiciel non conforme (ni attesté ni certifié, ou attesté/certifié à tort) s'expose toujours à :

  • Amende de 7 500 € par logiciel non conforme.
  • Obligation de mise en conformité sous 60 jours.
  • Redressement TVA possible sur la période concernée.

Autrement dit : le rétablissement de l'auto-attestation abaisse le coût pour l'éditeur, pas pour le commerçant. Le commerçant reste pleinement responsable du choix d'un logiciel réellement conforme.

Comment choisir en pratique

Quatre questions à poser à votre éditeur avant de signer :

  1. « Attestation ou certification ? » — les deux valent. Demander à voir le document.
  2. « À quand remonte la dernière mise à jour attestée/certifiée ? » — si la version déployée chez vous est plus ancienne, vous êtes hors scope de l'attestation.
  3. « Comment sont gérées les clôtures périodiques ? » — demander un export ISCA type.
  4. « Les données sont-elles hébergées où ? » — hébergement France ou UE = conformité RGPD facilitée en cas de contrôle.

Si votre éditeur botte en touche sur l'une de ces questions, c'est un drapeau rouge. Un éditeur sérieux a ces documents prêts.

Pour Sora Caisse POS

Sora Caisse POS a fait le choix de la voie attestation individuelle depuis 2018 (article 88 de la loi de finances 2016), confirmée par la LF 2026 art. 125. Notre attestation, conforme au modèle officiel, est tenue à disposition de nos clients sur simple demande. Les quatre critères ISCA sont respectés nativement par notre architecture cloud + module connecteur PrestaShop. Hébergement en France, exports probants au format FEC standard, clôtures journalières et mensuelles automatiques.

Pour aller plus loin sur la conformité globale, voir notre page conformité légale et notre page facturation électronique PrestaShop.

FAQ

Questions fréquentes

L'auto-attestation est-elle plus risquée qu'une certification AFNOR ?+

Non, pas juridiquement : les deux voies ont la même valeur depuis la LF 2026 art. 125. La différence est procédurale (audit externe pour la certification, engagement direct pour l'attestation). Dans tous les cas, ce qui compte vraiment en contrôle DGFiP, c'est le respect des critères ISCA par le logiciel utilisé.

Mon éditeur a une attestation datée de 2023, est-elle encore valable en 2026 ?+

Une attestation couvre une version de logiciel donnée. Si votre éditeur a publié des mises à jour majeures depuis 2023 sans renouveler l'attestation, vous n'êtes pas couvert sur la version actuelle. Demandez à votre éditeur de vous fournir l'attestation de la version que vous utilisez.

Je suis auto-entrepreneur, suis-je concerné ?+

Uniquement si vous êtes assujetti à la TVA. Les auto-entrepreneurs en franchise de TVA ne sont pas soumis à l'obligation de logiciel conforme ISCA. Mais dès franchissement du seuil de TVA, l'obligation s'applique.

La LF 2026 art. 125 change-t-elle quelque chose à la facturation électronique 2026 ?+

Non. Ce sont deux sujets distincts. L'article 125 concerne les logiciels de caisse (ISCA, attestation/certification). La facturation électronique obligatoire à partir de septembre 2026 est un autre dispositif (Factur-X, Peppol, Plateformes Agréées). Les deux cohabitent et doivent être traités en parallèle.

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